02-02-2026

Suppression des ZFE : l'exécutif reporte l'application après les municipales 2026


Auteur : Mélanie

Suppression des zones à faibles émissions de CO₂ (ZFE) reportée à mars 2026

La suppression des zones à faibles émissions (ZFE), remise sur le devant de la scène dans le projet de loi de « simplification de la vie économique », a franchi une étape décisive en commission mixte paritaire mais au moment d'être définitivement tranchée au Parlement. L'exécutif a en effet choisi de temporiser la disparition des ZFE en repoussant le vote final au mois de mars 2026, sur fond de divisions politiques et de calendrier électoral chargé.


Qu'est-ce qu'une ZFE ?

Une ZFE (ou ZFE-m) est un périmètre décidé localement dans lequel la circulation de certains véhicules peut être restreinte afin de réduire la pollution de l'air. Le dispositif s'appuie sur la vignette Crit'Air, qui classe les véhicules de 1 à 5 selon leur motorisation, la norme EURO indiquée au champ V9 du certificat d'immatriculation et leurs émissions de CO₂ en g/km (vignette verte pour les électriques), et permet aux collectivités d'ajuster leurs règles, horaires et dérogations.

Pensées comme un outil de santé publique dans les grandes agglomérations, notamment pour réguler la circulation à Paris ou Lyon, les ZFE se sont progressivement imposées comme l'un des marqueurs les plus controversés des politiques de mobilité. Le renouvellement du parc automobile ne s'effectue pas assez vite, limité par les coûts d'achat des modèles éco-responsables pour les automobilistes pour passer au 100% électrique par exemple.

La réglementation CAFE 2025 est aussi un facteur qui influe sur ce dysfonctionnement car les constructeurs auto ne sont plus aussi certains de pouvoir migrer toute leur production du thermique à l'électrique.

Catégories des vignettes Crit'air pour les voitures particulières (VP)
Source : https://www.certificat-air.gouv.fr/

Combien y a t-il de ZFE et pourquoi sont-elles en voie de suppression ?

La France compte 25 ZFE actives sur le territoire national au 1er janvier 2025.

En 2024, seules 12 ZFE étaient implantées, comprenant les métropoles du Grand Paris, Lyon, Aix-Marseille, Clermont-Ferrand, Toulouse, Nice, Montpellier, Strasbourg, Grenoble, Rouen, Reims et Saint-Étienne.
Depuis 2025, de nouvelles ZFE ont fait leur apparition comme à Angers, Annemasse, Bordeaux, Chambéry, Caen, Dijon, Le Havre, Lille, Nîmes, Nancy, Nantes, Pau et Rennes. D'autres villes telles que Avignon, Bayonne, Béthune, Brest, Limoges, Metz, Mulhouse, Nantes, Orléans, Perpignan, Tours, Toulon ou Valenciennes ont préféré retardé leur déploiement.

Dans le texte législatif en cours d'examen, un article vise désormais à supprimer les dispositions relatives aux ZFE, une orientation confirmée lors de la commission mixte paritaire du 20 janvier 2026.
Cette dynamique s'explique par une contestation devenue structurelle : critiques sur l'acceptabilité sociale pour les ménages contraints de remplacer leur véhicule avec une vignette crit'air 4 ou 5, difficultés de mise en œuvre locale et pression politique croissante autour d'un dispositif perçu comme punitif par une partie des élus et des automobilistes.

Pourquoi cette suppression est-elle repoussée ?

La loi de Simplification de la vie économique, qui partait d'une bonne intention au départ pour simplifier l'Administration française, connue pour son lourdeur bureaucratique notamment pour les TPE-PME, a en réalité complexifié les débats parlementaires en se heurtant à des sujets controversés tels que la suppression des ZFE.

Initialement instaurées pour réduire la pollution dans les centres des grandes métropoles, les ZFE ne font plus aujourd'hui l'unanimité et divisent même dans l'hémicycle. Interdisant la circulation des véhicules les plus polluants dans leur périmètre, les ZFE, au nombre de 25 en 2026, sont perçues comme des obstacles majeurs pour les automobilistes avec des revenus modestes. En effet, ceux-ci n'ont pas de moyens disponibles pour remplacer leur véhicule par un modèle plus écologique ou s'équiper d'une borne électrique.

En outre, l'initiative ZFE engagée en faveur du climat à l'horizon 2050 s'est transformée en casse-tête pour les élus et les automobilistes. Le vote étant devenu risqué dans le calendrier politique, décalé après les péripéties du PLF 2026, le Gouvernement a préféré le reporter à l'approche des élections municipales en mars 2026, où la circulation et le stationnement automobile sont des thèmes ultra-sensibles à l'échelle locale. Initialement prévu fin janvier, l'examen définitif du texte a donc été repoussé à cette échéance et le Gouvernement cherche à temporiser avant tout nouvel examen du projet de loi.


Actualités précédentes

malus ecologique 2026 vehicules thermiques
Actualités suivantes

-- --